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Monte Cristo, le spectacle musical

  • il y a 12 minutes
  • 7 min de lecture
La troupe de Monte Cristo, le Spectacle Musical
La troupe de Monte Cristo, le Spectacle Musical

Spectacle de Stéphane Laporte et Yann Guillon (livret), Benoît Poher et Franklin Ferrand (musique et paroles), et Alexandre Faitrouni (Mise en scène)

Année : 2026

Pays : France


Cast d'origine : Stanley Kassa (Edmond Dantès), Océane Demontis (Mercedes), Loïc Suberville (Fernand Mondego), Cyril Romoli (Danglars), Maxime De Toledo (Villefort), Tatiana Matre (Mme Danglars), Antoine Le Provost (Albert de Morcerf), Jade Gaumet (Haydée), Nathan Desnyder (Cavalcanti), Lila Touchard (Eugénie Danglars), Jérôme Depleix (Abbé Faria), Antonio Macipe (Jacopo), Alyzée Lalande (Alternante Mercedes)

 

En bref


La vie sourit à Edmond Dantès. Fraîchement nommé à la tête de l’équipage du Pharaon, il s’apprête également à épouser Mercedes Herrera, la femme de sa vie. Mais tant de bonheur suscite des convoitises et, victime d’un complot, il se retrouve enfermé sur l’île d’If. Des années plus tard, devenu le Comte de Monte Cristo, il revient pour se venger de ceux qui lui ont volé sa vie …



Mon avis


Monte Cristo par ci, Monte Cristo par là … L’œuvre culte d’Alexandre Dumas a connu de multiples adaptations au fil des années, mais depuis celle au cinéma en 2024 avec Pierre Niney, elle connaît un regain d’intérêt puisque c’est pas moins de 3 spectacles musicaux qui avaient été annoncés sur ce thème pour cette année 2026. La version avec Calogero à la barre s’est (judicieusement) retirée et c’est donc « seulement » deux spectacles qui ont vu le jour, avec deux approches totalement différentes de l’histoire.

 

Le roman d’Alexandre Dumas est extrêmement dense, impossible de le retranscrire tel quel sur scène, il faut effectuer des choix. « Monte Cristo, le spectacle musical », se concentre sur Edmond Dantès et sa quête de vengeance. Je trouve cette approche plutôt cohérente, car même si les deux sont indissociables, ça a toujours été pour moi ce qui est au cœur de l’intrigue, plutôt que son histoire d’amour avec Mercedes.

 

Cela fait bien longtemps que j’ai lu le livre (voir le spectacle m’a d’ailleurs donné envie de me replonger dedans), mais je trouve que l’adaptation est excellente, les coupes étaient indispensables, rien de fondamental n’a été écarté et ce qui a été conservé est fidèle au roman. Chaque personnage a de l’espace et du temps pour s’exprimer, ce qui fait qu’on a le temps de s’attacher à chacun d’entre eux. Le matériel de départ est de fait, très bien écrit, et l’adaptation de Stéphane Laporte et Yann Guillon y rend justice, tout en instillant une pointe de modernité bienvenue et d’humour dans cette histoire si sombre sans verser dans la caricature pour forcer le rire comme ont pu le faire certains spectacles récents. La chronologie se déroule facilement, les ellipses sont indiquées par divers moyens ce qui évite un côté trop catalogue, on suit l’histoire sans aucun problème.

 


Stanley Kassa dans le rôle de Monte Cristo
Stanley Kassa dans le rôle de Monte Cristo

L’un des deux éléments qui m’a tout de suite attirée dans ce spectacle plutôt que son concurrent, c’est la musique. Le CD tourne en boucle chez moi depuis sa sortie de façon quasi obsessionnelle et j’étais très curieuse de voir comment elles allaient s’articuler sur scène. Il est intéressant de voir à quel point, bien qu’écrites et composées par deux personnes ne venant absolument pas du milieu de la comédie musicale (Benoît Poher est le chanteur du groupe Kyo et Franklin Ferrand le chanteur de Vegastar), les chansons sont vraiment narratives et pas un peu abstraites comme on peut parfois le voir sur certains spectacles français. J’ai beaucoup aimé aussi les découpages et les multiples reprises (celle de « L’orage » m’a collé des frissons). En revanche, je n’ai pas adhéré aux réorchestrations mais c’est une question de goût. Dans cette version, la partition pop rock manque un peu de punch sur certains passages. Et le gros point noir de ce show est l’absence de musiciens live. Quel dommage d’avoir un cast aussi talentueux et de ne pas mettre leurs voix en valeur avec un vrai orchestre ! D’autant que le son laisse aussi à désirer, on ne comprend pas tout ce que chantent les interprètes, bien qu’il semblerait que ce soit lié aux places devant, et que ça s’améliore en reculant un peu.

 

Visuellement, comme pour beaucoup de spectacles ces derniers temps, on retrouve les sacro-saints écrans. Vous connaissez mon aversion pour ça, ça en deviendrait presque un running gag tellement je le répète à chaque article ! Et ici, qu’en ai-je pensé ? A ma plus grande surprise, cela ne m’a pas dérangée outre mesure. La diversité des unités de lieux et de temps fait qu’il aurait été compliqué de tout représenter avec du décor en dur. Ca passe d’autant mieux qu’il ne s’agit pas d’un grand panneau en fond de scène, ce sont des structures mobiles, hyper modulables, très intelligemment utilisées. Les seuls tableaux sur lesquels ça fonctionne un peu moins bien selon moi sont ceux en mer, mais à nouveau, c’est subjectif, une amie m’a dit que c’était là où elle trouvait que c’était le plus réussi ! Le seul petit point de détail qui m’a gênée au niveau des décors, c’est justement sur les éléments physiques (non promis, je ne suis pas sous l’emprise d’une quelconque substance en écrivant ça), et notamment l’escalier qui est multitâche, et dont l’arrière sert à d’autres reprises. Laisser ce gros bloc gris en plein milieu casse un peu l’atmosphère globale amenée avec les écrans, ça aurait peut être mérité d’être recouvert de panneaux amovibles selon le tableau ou (bon sang, je n’arrive pas à croire que je vais vraiment dire ça), d’avoir une projection supplémentaire pour habiller cette partie.

 


Alyzée Lalande dans le rôle de Mercedes
Alyzée Lalande dans le rôle de Mercedes

J’ai adoré les costumes (dont le nombre est assez impressionnant) que j’ai trouvé super classes. Etant dans les premiers rangs, j’ai pu profiter à loisir des petits détails qui rajoutent à la beauté globale comme par exemple le motif en cuir sur les manchettes d’un des derniers manteaux portés par Monte Cristo. Un travail remarquable, un immense bravo à Sylvain Rigault et son équipe !

 

La mise en scène, signée Alexandre Faitrouni, utilise l’espace à merveille, même si je pense que j’en aurais encore mieux pris la mesure depuis une place un peu plus éloignée (mais on ne peut pas tout avoir …). J’adore la façon de diviser la scène pour avoir en parallèle deux espaces différents, un à cour, un à jardin, voire même un 3e en hauteur notamment sur la reprise de « L’Orage ». Il est juste parfois un peu frustrant de voir une chanson se terminer et de ne pas avoir l’opportunité de l’applaudir (mais pour ça, on a tout le loisir de se rattraper au final). Quelques scènes se finissent de façon un peu abrupte et certains noirs sont un peu longs parfois, mais rien de trop dérangeant.

 

Si il y a bien un atout majeur à ce spectacle, c’est son casting, qui est un sans faute. Tous les artistes ont soit une certaine expérience dans la comédie musicale, soit une formation spécifique dans ce domaine, si pas les deux. Et y’a pas à dire, ça se voit et ça s’entend !! Des artistes qui chantent bien sur les scènes de comédies musicales françaises, on en voit pas mal. Mais là où le bât blesse, c’est souvent sur l’interprétation. Ici, toutes les disciplines du musical sont maîtrisées par chacun. Chaque morceau est une belle démonstration d’acting through song et les scènes parlées sonnent d’une justesse jusque là rarement vue dans les grosses productions françaises qui font la tournée des Zéniths.

 

Le personnage de Cavalcanti n’apparaissant qu’au second acte, on ne voit pas beaucoup Nathan Desnyder (même si en réalité, il est présent tout le premier acte dans l’ensemble) mais le peu suffit à marquer les esprits. Très beau tour de force que de faire évoluer ce personnage si rapidement et de parvenir à lui donner du relief avec beaucoup d’émotions.


Nathan Desnyder et Maxime De Toledo dans les rôle de Cavalcanti et Villefort
Nathan Desnyder et Maxime De Toledo dans les rôle de Cavalcanti et Villefort

Le trio infernal est interprété par 3 artistes très différents et hyper complémentaires.

J’ai vu Cyril Romoli dans différents spectacles (notamment « Comédiens » que j’adore et plus récemment, « Un soupçon d’amitié ») et c’est toujours un bonheur de le retrouver sur scène. L’acting est impeccable quel que soit le registre, et l’alchimie tant avec ses 2 compères qu’avec Tatiana Matre qui interprète sa femme est palpable. Maxime De Toledo campe le procureur Villefort avec brio. On sent que c’est un artiste avec une solide expérience et la scène entre lui et Nathan est tout simplement bouleversante. Et pour compléter le trinôme, Loïc Suberville joue le rôle de Fernand Mondego. Le personnage reste un peu en retrait une grande partie du spectacle, et pile quand on baisse la garde et qu’on ne s’y attend pas, Loïc vient nous cueillir avec un « Par amour » déchirant qui a laissé mon cœur en miettes.


Tatiana Matre incarne Mme Danglars et crée la surprise avec son solo, car ce morceau ne se trouve pas sur l’album alors que c’est l’un des plus beaux du spectacle. De prime abord, j’aurais tendance à dire que c’est dommage (et en un sens, je le pense toujours) mais quelque part, c’est une chanson au potentiel émotionnel tellement fort que l’impact est d’autant plus grand si on ne sait pas ce qui nous attend.

 

Océane Demontis et Alyzée Lalande se partagent le rôle de Mercedes Herrera, la fiancée d’Edmond Dantès. J’ai eu le plaisir de voir jouer Alyzée et sans grande surprise, j’ai été conquise par son interprétation. Alyzée est le genre d’artiste qui s’épanouit dans les rôles lui permettant d’exprimer différentes émotions sur divers registres et pour le coup, elle est servie. Mercedes lui va à ravir et je suis très contente qu’elle puisse le reprendre sur une partie de la tournée, pour qu’un maximum de gens puisse profiter de sa superbe voix.

 

Et puis il y a Stanley Kassa. Lourde charge que d’endosser le manteau du comte, personnage si complexe aux multiples facettes, même quand on est un habitué des comédies musicales (Le Roi Lion, Les Misérables). Charisme, présence, intensité, sincérité, engagement … Ajoutez à cela une voix solide et puissante, et vous obtenez la recette pour un parfait premier rôle. J’ai été convaincue de A à Z par tout ce qu’il a pu proposer. C’est sans nul doute ma révélation de ce spectacle.

 

Quand des gens qui connaissent la comédie musicale et qui aiment profondément ce genre sous toutes ses formes montent un spectacle, ça donne Monte Cristo. Ca fait un bien fou de voir se monter une création française 100% originale avec de l’ambition et les moyens de les réaliser, avec un tel niveau de qualité. Et au-delà de ça, il se dégage un sentiment global d’harmonie et de générosité de toute l’équipe. Que ce soit dans le fait de faire venir saluer l’équipe technique lors du final (bon sang, pourquoi est-ce que ce n’est pas fait sur chaque spectacle ??), dans la mise en valeur de l’ensemble et des doublures, ou dans les échanges qu’on peut avoir avec les artistes à la stage door, on sent la cohésion et le travail d’une équipe soudée, ce qui ajoute à la magie créée sur scène. On a beaucoup de chance d’avoir un si beau spectacle à l’affiche en ce moment, je leur souhaite de rencontrer le succès qu’ils méritent !

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